100 000 abonnés, 250 euros sur Instagram, 150 euros sur TikTok : ces chiffres ne mentent pas, ils posent le décor sans détour. L’algorithme de TikTok propulse les contenus, mais la rémunération reste incertaine, là où Instagram privilégie la stabilité, quitte à tout miser sur le taux d’engagement. Résultat : chaque plateforme impose ses propres règles du jeu aux créateurs, et les marques n’investissent pas avec la même logique sur l’une ou l’autre.
Les marques placent encore Instagram en tête pour les campagnes à forte valeur, tandis que TikTok attire des budgets publicitaires en pleine expansion. Cette différence de stratégie bouleverse la façon dont les influenceurs gèrent leur présence et leurs revenus sur les réseaux sociaux.
TikTok et Instagram : deux géants aux modèles de rémunération distincts
Si TikTok et Instagram monopolisent la scène de l’influence, ils le font avec des recettes bien à eux. TikTok, roi du format court, mise sur la puissance de la viralité : ici, ce sont les vues qui font la pluie et le beau temps. Plus une vidéo fait parler d’elle, plus le créateur peut espérer toucher quelques euros via le Creator Fund, mais l’équation reste floue et le revenu par vidéo plafonne vite.
Instagram, à l’inverse, pose des bases plus solides. Les partenariats avec les marques s’inscrivent dans des grilles tarifaires nettes, qui tiennent compte de la taille de l’audience, du taux d’engagement et de la niche du profil. Les micro-influenceurs, ces comptes entre 10 000 et 100 000 abonnés, incarnent une proximité qui rassure les marques et se traduit souvent par une rémunération supérieure à celle d’une vidéo TikTok, à audience équivalente. Sur TikTok, la prime va à l’explosion d’une vidéo, mais le revenu moyen reste plus bas.
Voici les différences structurantes entre les deux plateformes :
- Instagram : rémunération plus stable, relations construites dans la durée, fidélité de l’audience valorisée.
- TikTok : rémunération variable, possibilité de gains rapides si la viralité s’en mêle, mais dépendance accrue à l’algorithme.
Pour beaucoup de créateurs, la diversification devient un passage obligé. Instagram permet de cumuler les revenus grâce aux contenus sponsorisés, à l’affiliation ou via Instagram Shopping. TikTok, de son côté, limite la monétisation directe, forçant les créateurs à trouver des partenariats ailleurs. Cette réalité façonne la stratégie des influenceurs français, parfois à plusieurs dizaines de milliers d’euros près sur une année.
Quels sont les critères qui influencent réellement les gains des créateurs ?
Sur les réseaux sociaux, le nombre d’abonnés n’est qu’un début. Ce qui compte, c’est l’audience réelle, le taux d’engagement, la typologie des contenus et le positionnement marketing. Instagram et TikTok examinent la capacité à générer des interactions : un micro-influenceur de 20 000 abonnés avec un taux d’engagement de 8 % attire plus l’attention des marques qu’un compte deux fois plus gros mais inactif.
La qualité de l’audience prend le dessus sur la quantité. Les marques analysent l’âge, la localisation, les habitudes d’achat et les centres d’intérêt des followers. Plus l’audience est proche de la cible recherchée, plus la valorisation grimpe. Les campagnes de marketing d’influence se jouent à ce niveau de détail, loin des chiffres bruts.
Le type de contenu publié compte aussi. Les vidéos courtes, les challenges sur TikTok ou les reels sur Instagram, rapportent davantage lorsqu’ils s’intègrent dans une stratégie de marketing digital cohérente. Les créateurs capables d’innover, d’apporter un regard authentique ou de proposer des collaborations originales séduisent les annonceurs en quête d’authenticité.
Régularité et créativité transforment l’exposition en capital monétisable. Les micro-influenceurs, souvent plus souples, s’imposent dans un marché devenu exigeant et sélectif.
Chiffres clés : qui paie le mieux entre TikTok et Instagram en 2024 ?
La bataille des plateformes se mesure en euros versés, en contrats signés et en programmes de monétisation. TikTok avance son Creator Fund et ses bonus pour vidéos virales : en pratique, un créateur avec 100 000 abonnés touche entre 100 et 250 euros par vidéo sponsorisée, d’après les études les plus récentes. Le montant reste modeste, à moins d’un partenariat direct avec une grande marque.
Instagram fait mieux sur le terrain des contenus sponsorisés : pour un créateur de même calibre, le tarif grimpe entre 300 et 700 euros par post, avec des sommets atteignant plusieurs dizaines de milliers d’euros pour ceux qui dépassent le million d’abonnés. Les formats stories et reels sont particulièrement prisés et voient leur valeur croître, poussés par la demande des marques.
Voici un aperçu des rémunérations selon les plateformes et le nombre d’abonnés :
- TikTok : 100 à 250 euros par vidéo sponsorisée (pour 100 000 abonnés)
- Instagram : 300 à 700 euros par post sponsorisé (pour 100 000 abonnés)
- Au-delà du million d’abonnés : plusieurs dizaines de milliers d’euros sur Instagram, montants plus bas sur TikTok sans contrat publicitaire spécifique
En résumé, TikTok privilégie la viralité et le volume, là où Instagram capitalise sur la valeur de son réseau et la confiance des marques.
Conseils stratégiques pour choisir la plateforme la plus rentable selon votre profil
Faire le choix entre Instagram et TikTok demande une analyse précise de son positionnement. Ce n’est pas seulement une question de nombre d’abonnés, mais aussi de capacité à engager son audience et à attirer des marques prêtes à investir dans des collaborations durables.
Selon votre profil, voici quelques pistes pour orienter votre stratégie :
- Pour les micro-influenceurs (moins de 100 000 abonnés), Instagram reste la plateforme la plus avantageuse en termes de rémunération directe par contenu sponsorisé. L’outil Instagram Shopping facilite la mise en avant de produits, ce qui séduit particulièrement les marques ciblant une audience précise.
- Sur TikTok, la viralité peut transformer une vidéo en jackpot, mais la stabilité des revenus dépend d’une production régulière et inventive. L’algorithme récompense ceux qui prennent des risques et publient souvent, mais cette dynamique exige une implication de tous les instants.
Les créateurs orientés marketing digital ou qui veulent valoriser des produits de niche tirent le meilleur parti d’Instagram, grâce à la maturité de son écosystème publicitaire et à la solidité de ses partenariats. Ceux qui visent la notoriété rapide ou qui s’adressent à un public plus jeune trouveront sur TikTok un terrain de jeu, avec une monétisation plus incertaine.
Avant de trancher, il faut regarder la nature de son audience, le type de marques sollicitées et le rythme de publication possible. La vraie question n’est pas seulement de savoir qui rémunère le plus, mais de choisir la plateforme où votre contenu et votre communauté pourront se transformer en véritable levier de revenus.


